No�l au Manoir, anniversaire au plumard...
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Harry Potter › Slash - Male/Male › Harry/Draco
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Adult +
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Disclaimer:
I do not own Harry Potter, nor any of the characters from the books or movies. I do not make any money from the writing of this story.
Cons�quences d�un sauvetage
Message : Tadam !! Sonnez trompettes, roulez tambours !! C’est un peu pompeux comme présentation, non ? C’était juste pour vous dire voici le nouveau chapitre... Ouais, je sais, un message pour ça, ça sert à rien.
Chapitre 03 : Conséquences d’un sauvetage
Il nage avec une aisance insoupçonnée. Ses pattes puissantes et sa queue vigoureuse lui permettent d’avancer presque sans effort. Son corps se meut par un mouvement latéral d’une grande élégance. Et l’eau froide glisse sur ses écailles. Il n’y a guère que le bout de son museau qui sort de l’eau. Un iguane doit respirer, tout de même, y compris un iguane marin.
Les sensations sont exceptionnelles, et Malfoy se sent incroyablement bien... libre... Comme si un poids avait été ôté de son cœur. Rien que pour ça, être un Animagus est quelque chose d’irremplaçable pour Draco. C’est devenu sa drogue en quelque sorte. Ne plus être lui. Ne plus connaître de contrainte. Oublier... et nager.
« Malfoooy ! »
S’il était encore humain, il aurait sursauté. Au lieu de cela, il tourne son museau et ses petits yeux jaunes vers le rivage d’où est monté ce cri rempli d’angoisse.
Potter...
Potter vient de se précipiter dans l’eau du lac.
« Malfoy ! »
L’Animagus cligne des yeux, interdit, et regarde la silhouette lointaine qui vient de plonger et nage vers lui. Deux cent mètres environ les séparent encore, calcule Draco froidement.
Mais dites moi que c’est pas vrai, pense le Serpentard. Ca peut pas être possible, ça... Le jour on est dans la même école, c’est normal que je le croise ; la nuit, il hante mes rêves, mais on va dire que ce n’est pas sa faute (quoique..) ; mais là ! Qu’est ce qu’il fout là ? Il me colle ou quoi ? Eh mais une seconde, je suis un iguane ! Comment se fait-il qu’il crie mon nom, alors ?!?
Malfoy décide qu’il ne veut pas en savoir plus. Pas pour l’instant en tout cas.
D’un brusque mouvement de queue, le reptile prend la direction des falaises qui bordent le lac, à l’ouest de l’école. Il pourra y reprendre pied pour se prélasser sur les rochers jusqu’à l’aube. Et Potter se baignera seul ; Malfoy n’est pas d’humeur à partager sa promenade nocturne avec un importun...
Harry nage à en perdre haleine. Il ne pense même plus au nom de celui qu’il veut sauver, il n’y a que son visage pâle et lisse qui occupe le centre de ses pensées.
Mais la surface du lac est désespérément vide et calme, et Harry n’entend que les bruits dont il est lui-même la cause, et les seules rides sur le miroir de l’eau sont formées par sa nage maladroite et désordonnée.
Est-ce qu’il a déjà coulé ? Paralysé par ce froid que Harry sent s’immiscer en lui ? Des crampes douloureuses assaillent déjà ses jambes, provoquant des décharges insupportables.
Etre dans ce lac lui rappelle la seconde épreuve du Tournoi des Trois Sorciers, il y a deux ans de cela. Il avait du plonger pour aller sauver Ron. Il sait que les profondeurs du lac regorgent des créatures détestables. Il sait aussi qu’il n’aurait pas pu réussir cette épreuve à l’époque, s’il n’avait été aidé par Dobby, l’elfe masochiste. Mais Harry constate avec amertume qu’il est toujours aussi désemparé deux ans plus tard.
Je suis nul, pense Harry, je n’ai donc rien appris depuis que je suis à Poudlard ? Même pas fichu de sauver... ni Cédric, ni Sirius... Et Ron et Hermione ont de la chance d’être encore en vie. Ils ont risqué cent fois leur peau à cause de moi.
« Malfoy, bon sang, où es-tu ? » gémit Harry entre deux claquements de dents. La carte du Maraudeur est restée sur le rivage, là où le Gryffondor l’a jetée. Pris d’inspiration, il lève soudain sa baguette au dessus de l’eau : il a besoin de la carte pour savoir où est ce damné Serpentard. Eh bien le Tournoi des Trois Sorciers lui a au moins donné une idée. Pour la première épreuve, contre le dragon, il avait appelé son balai à la rescousse. Là, il appellera la carte.
« Accio Carte du M... » commence à crier Harry. Mais il s’interrompt soudain. Après tout, c’est Malfoy qu’il cherche, non ?
« Accio Draco Malfoy !!! » hurle Harry, en donnant à son mouvement de poignet toute l’ampleur dont il est capable.
Le rivage se rapproche. Malfoy l’Animagus nage sous la surface de l’eau, ne ressortant ses narines à l’air libre que le temps d’inspirer une nouvelle goulée d’air frais. Etre un iguane marin ne dispense pas d’oxygène...
Il est mécontent. Sa sérénité n’est plus qu’un lointain souvenir. Lui qui était venu là pour oublier un peu Potter et ces foutus rêves qui le perturbent plus qu’il ne veut l’admettre...
Il s’apprête à remonter respirer quand, brusquement, il se sent irrésistiblement aspiré vers l’arrière, comme pris dans un courant puissant. La surprise est si forte que l’Animagus fait une erreur stratégique : au lieu de bloquer sa respiration, il inspire goulûment. L’eau âcre du lac se précipite dans sa gueule, et inonde ses poumons.
Malfoy panique ! Il est en train de se noyer, bordel !! Qu’est ce qui arrive ? Il bat des pattes et de la queue avec toutes les forces qui lui restent, son esprit lui envoyant les images de la pieuvre géante qui hante les profondeurs glacées, mais l’eau qu’il a avalée étouffe toute pensée rationnelle, et l’anxiété précipite sa fin. Il sent sa vie lui échapper, ses forces lui manquent. Et rester un Animagus l’épuise soudain trop.
Draco change à nouveau, il retrouve son corps, mais son esprit continue à se débattre avec l’idée que sa fin est proche.
Je... me noie... à l’aide !
Il veut ouvrir la bouche pour appeler, mais un réflexe stupide lui fait encore rechercher l’oxygène. Une nouvelle gorgée d’eau saumâtre envahit ses poumons.
Potter, pense t-il avant que son esprit ne s’enfonce dans le chaos. C’est Potter qui a fait ça... C’est quoi, une vengeance ? Il a décidé de m’achever, là, sans témoin ? Aaah, s’il savait...
--------------------------------------------------------------------------------
Rien ne se passe.
Il a lancé le sortilège, mais rien ne se passe.
Est-ce qu’il est déjà trop tard ? pense Harry. Si je veux retrouver Malfoy, il faut appeler la chose par son nom exact : peut être que Draco Malfoy n’est pas assez précis. Peut être qu’il faut chercher... Harry a les larmes aux yeux, mais c’est peut être parce que le froid lui fait mordre sa lèvre inférieure trop fort. Il lève à nouveau son bras.
« Accio cadavre de Dr... »
BAM ! Harry boit la tasse. Un truc vient de percuter son dos à grande vitesse. Heureusement qu’il tenait fermement sa baguette, car personne ne serait allé la chercher au fond du Lac Noir.
Harry se retourne, en espérant ne pas apercevoir un tentacule géant, prêt à le happer. Au lieu de cela, il distingue une forme pâle, à quelques dizaines de centimètres sous la surface : une touffe d’algues blanches et fines qui se balancent dans l’eau sombre, au gré du léger courant.
« Malfoy... ? » Harry tend la main, empoigne le corps du jeune Serpentard, et le remonte à la surface. Son visage, lorsqu’il apparaît hors de l’eau, est d’une pâleur inquiétante. Ses yeux sont révulsés, et il ne bouge plus.
« Malfoy ! Réveille toi bon sang ! »
Harry pose le corps sur son torse, et passe l’un de ses bras sous l’aisselle de Draco pour aller agripper l’épaule opposée.
Une première pression : Draco tousse et crache de l’eau. Un râle profond monte de sa gorge, et il se débat faiblement. Harry sent un poids s’ôter de son cœur. Il se met à nager vers le rivage le plus proche, mais une crampe au mollet lui arrache un gémissement.
« Tarentallegra ! » crie t-il en pointant l’extrémité de sa baguette vers ses jambes. La douleur se décuple ! Sous le coup de son sortilège, ses jambes se mettent à battre à un rythme effréné, et Harry voit la berge se rapprocher. Il sert les dents tandis que des larmes de souffrance coulent sur ses joues.
Ca peut pas être pire qu’Endoloris, de toutes façons, essaie t-il de se raisonner. Pas pire ?... Reste à voir. Quand il sent le sol sous ses pieds, Harry annule le sort, et tire péniblement Draco Malfoy sur le rivage herbeux. La rosée ne pourra de toutes façons pas les mouiller d’avantage.
Il traîne Malfoy hors de l’eau, et l’allonge sans ménagement sur le dos. Se mettant à califourchon sur lui, il entreprend de comprimer ses poumons, mains jointes sur sa poitrine.
« Allez Malfoy, respire », lui lance t-il lorsqu’une nouvelle quinte de toux expulse de pleines gorgées d’eau de ses poumons.
Les yeux du Serpentard sont fermés, et son teint est plus pâle que celui d’un mort. De longues mèches blondes sont collées sur son front et ses tempes.
Une pensée fugace, et tout à fait inappropriée : ça lui va mieux, d’être décoiffé...
Aaah ! Harry se donnerait des baffes s’il avait le temps. Qu’est ce que ce genre de pensée stupide vient faire là ? Il secoue la tête, et décide de passer à l’étape suivante. Une main sous le menton de Malfoy, pour renverser sa tête en arrière. Une autre sur son visage, pour lui pincer le nez. Harry se penche, et inspire autant d’air qu’il le peut. Puis il pose ses lèvres sur celles entrouvertes de Malfoy. Doucement, il souffle et guette un mouvement de poitrine qui indiquerait que l’air a atteint les poumons.
Idée parasite numéro un : ses lèvres sont glacées, pourvu qu’elles se réchauffent... Laisse moi réchauffer tes lèvres, Draco.
Harry continue à insuffler un peu de vie au Serpentard ; régulièrement, il relève la tête, séparant à regret ses lèvres de celles de Malfoy, et jette un regard désemparé au visage inconscient. Sous les rayons de la lune, sa peau est translucide, et Harry remarque les minuscules veines bleutées qui sillonnent ses tempes diaphanes. Harry écarte délicatement les mèches humides, caresse sa peau douce et froide, laisse ses doigts suivre le contour de sa mâchoire et descendre vers son torse dénudé, remarquablement dessiné.
Idée parasite numéro deux : réveille toi, mon ange. Tu es si beau, ta peau est si douce.
Les idées qui envahissent Harry le troublent et le laissent indécis. Il reprend avec effroi son bouche à bouche.
J’aime ça. J’aime poser ma bouche contre la sienne. Qu’est ce qui se passe chez moi au juste ?
Inspirer par le nez... expirer par la bouche, lentement, et attendre que son torse se soulève sous sa main. Recommencer deux ou trois fois, puis faire une pause, pour voir s’il se réveille.
Idée parasite numéro trois : c’est la première fois que je peux te toucher comme ça. Ta bouche est si douce, tu dois être si beau quand tu dors...
Harry s’écarte de Malfoy, mais cette fois il prend vraiment peur. Il ne peut quand même pas penser tout ça... ?
Oh si je le pense, soupire Harry intérieurement. Il n’a pas son air hautain, et il ne m’abreuve pas d’injures. C’est juste un très beau mec dont les lèvres appellent les baisers.
« Malfoy », chuchote Harry. « Malfoy, reviens à toi. Enfin, c’est pas un peu d’eau qui va vaincre un Malfoy quand même, ce serait trop humiliant pour toi... »
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Humiliant...
Le mot est lâché.
C’est vrai qu’il y a quelque chose d’humiliant dans cette situation inédite : Malfoy se sent physiquement dominé par... Potter. Potter, le Sauveur de l’Humanité, Potter, qui tient tête régulièrement à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, Potter le Héros, Potter qui l’a traîné hors du lac comme on sauve une damoiselle en détresse...
Ce demeuré de Potter a failli me noyer, oui ! Et maintenant il va s’imaginer m’avoir sauvé. Il n’est pas question que j’ai une dette de sorcier envers Potter ! Il ne m’a pas sauvé, il a manqué me tuer !!
Cela fait plusieurs minutes que Draco est revenu à lui. Potter était en train de le ramener vers le rivage quand il a repris conscience de la situation. Mais sa faiblesse est immense : après sa ballade nocturne sous sa forme Animagus, il aurait du rentrer immédiatement et tomber d’épuisement dans un sommeil sans rêve. Au lieu de cela, il a utilisé ses dernières forces pour se débattre, et cette lutte l’a vidé. Son corps entier semble être de plomb, il n’a plus la force de bouger même un petit doigt.
Et puis surtout, il y a Potter, qui vient de poser ses lèvres sur les siennes pour pratiquer le bouche à bouche. Malfoy sent le souffle chaud qui s’immisce dans sa gorge.
Bon, je ne suis pas Serpentard pour rien. Je peux encore bluffer un crétin de Gryffondor. Quand il commencera à paniquer vraiment en ne me voyant pas me réveiller, il ira chercher du secours à l’école.
J’en profiterai pour me tailler et retourner dans mon dortoir.
Avec un peu de chance, il se fera punir pour être sorti du château en pleine nuit. Ou au moins McGonnagall enlèvera des points à sa Maison. Ou Dumbledore lui jettera un de ses fameux regards « tu m’as tellement déçu »...
Enfin un truc qui le fera se sentir mal. Peut être qu’il finira par arrêter de jouer au héros comme ça. C’est vrai, quoi, c’est agaçant à la fin...
L’une des mains de Harry vient de descendre vers le torse de Draco. Du bout des doigts, il trace un sillon qui descend vers son nombril.
Hééé ! qu’est ce qu’il fait le Potter ?
Malfoy n’en revient pas. Le parcours des doigts de Potter sur sa peau lui rappelle l’infinie sensation de plaisir qu’il ressent dans ses rêves.
Pour un peu je band...
Oulala, non, ce ne serait pas une bonne idée, ça ! Draco n’a pas le temps de se demander en quoi cette idée serait mauvaise : Harry vient de recommencer son travail de réanimation, coupant court aux réflexions du Serpentard.
Cette sensation sur ma peau. Ce sont ses cheveux humides qui viennent caresser mon visage, laissant sur ma peau des gouttes d’eau qui glissent jusque dans mon cou.
C’est là que Potter s’est redressé et a parlé d’humiliation.
Intérieurement, Malfoy enrage. Il faut maintenant qu’il se sorte de cette situation la tête haute.
De toutes façons, qu’est ce qu’il connaît à l’humiliation, lui ? Il faut avoir de la fierté pour se sentir humilié. Et quand on a de la fierté, on ne traîne pas avec un clochard roux et une sang de bourbe...
Ce qui tracasse le plus Draco, en dehors du fait que Harry a arrêté son bouche à bouche pour lui parler, c’est que Potter lui parle avec douceur ; non, il y a pire : il y a une réelle pointe d’inquiétude qui perce dans sa voix.
Comme s’il avait peur pour moi...
Va te faire foutre, Potter. C’est toi qui va payer pour cette humiliation, je te le garantie, foi de Sang Pur !
Potter s’est à nouveau penché sur Draco, et celui-ci se demande vraiment combien de temps il compte le réanimer comme ça.
A croire qu’il aime ça, ce pervers ! Si je m’étais vraiment noyé, je serais mort sans qu’il aille chercher quelqu’un de compétent, cet abruti...
Sauf que Potter ne lui fait plus de bouche à bouche.
Potter l’embrasse.
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Qu’est ce qui me prend de faire ça ? S’il se réveille, je suis mort !
Je suis en train d’embrasser Malfoy. Mais je n’y peux rien, c’est la seule chose que j’ai envie de faire.
La respiration de Malfoy est douce et régulière. Et quelques couleurs sont revenues sur ses joues. La main de Harry, posée sur la poitrine du jeune Serpentard, a senti son cœur battre régulièrement.
Il est évanoui, mais sain et sauf.
Harry est délicat et tendre. Il pince légèrement la lèvre inférieure de Malfoy entre ses propres lèvres, aspirant légèrement pour sentir la chair douce glisser puis lui échapper. Il donne de longues caresses du bout de sa langue.
Tout ce qu’il a pu apprendre de ses baisers précédents avec Cho, il l’utilise pour capturer cette bouche sensuelle qui s’offre à lui.
Malfoy ne m’offre rien. C’est moi qui lui vole ce baiser.
Harry est totalement perdu. Le plaisir qu’il ressent est sans comparaison. Il a l’impression que son cœur va exploser. Une excitation grandissante s’est emparée de lui, et l’une de ses mains vient se perdre dans la chevelure humide du blond, tandis que sa bouche impatiente désire une réponse à ses baisers passionnés.
Comme en réponse à ses attentes, la lèvre inférieure de Malfoy tremble légèrement. Harry se redresse, surpris et inquiet, et croise alors le regard pénétrant de Malfoy. Ses yeux clairs sont deux océans embrumés par la rage.
« Mal...foy... » déglutit difficilement Harry.
Un mouvement vif sur sa gauche. Harry n’a guère le temps de comprendre, qu’un poing serré vient percuter sa mâchoire et le déséquilibre, tandis que ses lunettes sont projetées au loin. Il se retrouve assis par terre, une jambe encore passée au dessus du torse de l’autre garçon.
« Potter, chien galeux de Sang Mêlé !! » Il ne crie pas, comme Harry l’aurait cru. Mais c’est encore pire. Sa voix basse et profonde est emplie de venin. Il crache les mots avec tant de mépris que l’excitation de Harry se transforme en une honte profonde.
« Ca ne te suffisait pas d’essayer de me noyer ? Maintenant, tu m’empoisonnes avec ta bave ? »
Harry voudrait répondre avec autant de sang froid, mais tout son courage semble avoir quitté son corps pour se réfugier dans ses chaussettes. Le poing de Malfoy lui a fendu la lèvre, et le goût du sang dans sa bouche lui donne envie de vomir... à moins que ce ne soit la conscience de son comportement répugnant qui lui donne la nausée...
La douleur qui l’élance l’empêche d’articuler.
« ‘Eu ‘ai sauwé ya ‘ie ! »
Malfoy éclate d’un rire sinistre.
« Sauvé ? Quel sortilège as-tu utilisé pour me... capturer et me maintenir sous l’eau ? Je devrais te dénoncer », siffla t-il d’une voix haineuse, « mais j’aurais bien trop honte que l’on sache que tu m’as...sali ».
Malfoy se lève en bousculant Harry. Il tangue un peu en se mettant debout, comme si la faiblesse allait avoir raison de lui. Puis il baisse son regard vers Harry, qui n’a pas bougé.
« Si tu parles à quiconque de ce que tu m’as fait... Potter... Si tu te permets un seul sous entendu, je ferai de ta vie un enfer ». La voix de Malfoy s’est éteinte dans un souffle. Il s’éloigne sans attendre de réponse, laissant Harry désemparé et le cœur lourd.
« Ma vie est déjà un enfer, Malfoy », murmure Harry quand le Serpentard est trop loin pour l’entendre.
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Etes vous satisfaits ? Trois chapitres, et il y a déjà eu un bisou et un coup de poing : si ça c’est pas de l’action !! Ciao !!
Chapitre 03 : Conséquences d’un sauvetage
Il nage avec une aisance insoupçonnée. Ses pattes puissantes et sa queue vigoureuse lui permettent d’avancer presque sans effort. Son corps se meut par un mouvement latéral d’une grande élégance. Et l’eau froide glisse sur ses écailles. Il n’y a guère que le bout de son museau qui sort de l’eau. Un iguane doit respirer, tout de même, y compris un iguane marin.
Les sensations sont exceptionnelles, et Malfoy se sent incroyablement bien... libre... Comme si un poids avait été ôté de son cœur. Rien que pour ça, être un Animagus est quelque chose d’irremplaçable pour Draco. C’est devenu sa drogue en quelque sorte. Ne plus être lui. Ne plus connaître de contrainte. Oublier... et nager.
« Malfoooy ! »
S’il était encore humain, il aurait sursauté. Au lieu de cela, il tourne son museau et ses petits yeux jaunes vers le rivage d’où est monté ce cri rempli d’angoisse.
Potter...
Potter vient de se précipiter dans l’eau du lac.
« Malfoy ! »
L’Animagus cligne des yeux, interdit, et regarde la silhouette lointaine qui vient de plonger et nage vers lui. Deux cent mètres environ les séparent encore, calcule Draco froidement.
Mais dites moi que c’est pas vrai, pense le Serpentard. Ca peut pas être possible, ça... Le jour on est dans la même école, c’est normal que je le croise ; la nuit, il hante mes rêves, mais on va dire que ce n’est pas sa faute (quoique..) ; mais là ! Qu’est ce qu’il fout là ? Il me colle ou quoi ? Eh mais une seconde, je suis un iguane ! Comment se fait-il qu’il crie mon nom, alors ?!?
Malfoy décide qu’il ne veut pas en savoir plus. Pas pour l’instant en tout cas.
D’un brusque mouvement de queue, le reptile prend la direction des falaises qui bordent le lac, à l’ouest de l’école. Il pourra y reprendre pied pour se prélasser sur les rochers jusqu’à l’aube. Et Potter se baignera seul ; Malfoy n’est pas d’humeur à partager sa promenade nocturne avec un importun...
Harry nage à en perdre haleine. Il ne pense même plus au nom de celui qu’il veut sauver, il n’y a que son visage pâle et lisse qui occupe le centre de ses pensées.
Mais la surface du lac est désespérément vide et calme, et Harry n’entend que les bruits dont il est lui-même la cause, et les seules rides sur le miroir de l’eau sont formées par sa nage maladroite et désordonnée.
Est-ce qu’il a déjà coulé ? Paralysé par ce froid que Harry sent s’immiscer en lui ? Des crampes douloureuses assaillent déjà ses jambes, provoquant des décharges insupportables.
Etre dans ce lac lui rappelle la seconde épreuve du Tournoi des Trois Sorciers, il y a deux ans de cela. Il avait du plonger pour aller sauver Ron. Il sait que les profondeurs du lac regorgent des créatures détestables. Il sait aussi qu’il n’aurait pas pu réussir cette épreuve à l’époque, s’il n’avait été aidé par Dobby, l’elfe masochiste. Mais Harry constate avec amertume qu’il est toujours aussi désemparé deux ans plus tard.
Je suis nul, pense Harry, je n’ai donc rien appris depuis que je suis à Poudlard ? Même pas fichu de sauver... ni Cédric, ni Sirius... Et Ron et Hermione ont de la chance d’être encore en vie. Ils ont risqué cent fois leur peau à cause de moi.
« Malfoy, bon sang, où es-tu ? » gémit Harry entre deux claquements de dents. La carte du Maraudeur est restée sur le rivage, là où le Gryffondor l’a jetée. Pris d’inspiration, il lève soudain sa baguette au dessus de l’eau : il a besoin de la carte pour savoir où est ce damné Serpentard. Eh bien le Tournoi des Trois Sorciers lui a au moins donné une idée. Pour la première épreuve, contre le dragon, il avait appelé son balai à la rescousse. Là, il appellera la carte.
« Accio Carte du M... » commence à crier Harry. Mais il s’interrompt soudain. Après tout, c’est Malfoy qu’il cherche, non ?
« Accio Draco Malfoy !!! » hurle Harry, en donnant à son mouvement de poignet toute l’ampleur dont il est capable.
Le rivage se rapproche. Malfoy l’Animagus nage sous la surface de l’eau, ne ressortant ses narines à l’air libre que le temps d’inspirer une nouvelle goulée d’air frais. Etre un iguane marin ne dispense pas d’oxygène...
Il est mécontent. Sa sérénité n’est plus qu’un lointain souvenir. Lui qui était venu là pour oublier un peu Potter et ces foutus rêves qui le perturbent plus qu’il ne veut l’admettre...
Il s’apprête à remonter respirer quand, brusquement, il se sent irrésistiblement aspiré vers l’arrière, comme pris dans un courant puissant. La surprise est si forte que l’Animagus fait une erreur stratégique : au lieu de bloquer sa respiration, il inspire goulûment. L’eau âcre du lac se précipite dans sa gueule, et inonde ses poumons.
Malfoy panique ! Il est en train de se noyer, bordel !! Qu’est ce qui arrive ? Il bat des pattes et de la queue avec toutes les forces qui lui restent, son esprit lui envoyant les images de la pieuvre géante qui hante les profondeurs glacées, mais l’eau qu’il a avalée étouffe toute pensée rationnelle, et l’anxiété précipite sa fin. Il sent sa vie lui échapper, ses forces lui manquent. Et rester un Animagus l’épuise soudain trop.
Draco change à nouveau, il retrouve son corps, mais son esprit continue à se débattre avec l’idée que sa fin est proche.
Je... me noie... à l’aide !
Il veut ouvrir la bouche pour appeler, mais un réflexe stupide lui fait encore rechercher l’oxygène. Une nouvelle gorgée d’eau saumâtre envahit ses poumons.
Potter, pense t-il avant que son esprit ne s’enfonce dans le chaos. C’est Potter qui a fait ça... C’est quoi, une vengeance ? Il a décidé de m’achever, là, sans témoin ? Aaah, s’il savait...
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Rien ne se passe.
Il a lancé le sortilège, mais rien ne se passe.
Est-ce qu’il est déjà trop tard ? pense Harry. Si je veux retrouver Malfoy, il faut appeler la chose par son nom exact : peut être que Draco Malfoy n’est pas assez précis. Peut être qu’il faut chercher... Harry a les larmes aux yeux, mais c’est peut être parce que le froid lui fait mordre sa lèvre inférieure trop fort. Il lève à nouveau son bras.
« Accio cadavre de Dr... »
BAM ! Harry boit la tasse. Un truc vient de percuter son dos à grande vitesse. Heureusement qu’il tenait fermement sa baguette, car personne ne serait allé la chercher au fond du Lac Noir.
Harry se retourne, en espérant ne pas apercevoir un tentacule géant, prêt à le happer. Au lieu de cela, il distingue une forme pâle, à quelques dizaines de centimètres sous la surface : une touffe d’algues blanches et fines qui se balancent dans l’eau sombre, au gré du léger courant.
« Malfoy... ? » Harry tend la main, empoigne le corps du jeune Serpentard, et le remonte à la surface. Son visage, lorsqu’il apparaît hors de l’eau, est d’une pâleur inquiétante. Ses yeux sont révulsés, et il ne bouge plus.
« Malfoy ! Réveille toi bon sang ! »
Harry pose le corps sur son torse, et passe l’un de ses bras sous l’aisselle de Draco pour aller agripper l’épaule opposée.
Une première pression : Draco tousse et crache de l’eau. Un râle profond monte de sa gorge, et il se débat faiblement. Harry sent un poids s’ôter de son cœur. Il se met à nager vers le rivage le plus proche, mais une crampe au mollet lui arrache un gémissement.
« Tarentallegra ! » crie t-il en pointant l’extrémité de sa baguette vers ses jambes. La douleur se décuple ! Sous le coup de son sortilège, ses jambes se mettent à battre à un rythme effréné, et Harry voit la berge se rapprocher. Il sert les dents tandis que des larmes de souffrance coulent sur ses joues.
Ca peut pas être pire qu’Endoloris, de toutes façons, essaie t-il de se raisonner. Pas pire ?... Reste à voir. Quand il sent le sol sous ses pieds, Harry annule le sort, et tire péniblement Draco Malfoy sur le rivage herbeux. La rosée ne pourra de toutes façons pas les mouiller d’avantage.
Il traîne Malfoy hors de l’eau, et l’allonge sans ménagement sur le dos. Se mettant à califourchon sur lui, il entreprend de comprimer ses poumons, mains jointes sur sa poitrine.
« Allez Malfoy, respire », lui lance t-il lorsqu’une nouvelle quinte de toux expulse de pleines gorgées d’eau de ses poumons.
Les yeux du Serpentard sont fermés, et son teint est plus pâle que celui d’un mort. De longues mèches blondes sont collées sur son front et ses tempes.
Une pensée fugace, et tout à fait inappropriée : ça lui va mieux, d’être décoiffé...
Aaah ! Harry se donnerait des baffes s’il avait le temps. Qu’est ce que ce genre de pensée stupide vient faire là ? Il secoue la tête, et décide de passer à l’étape suivante. Une main sous le menton de Malfoy, pour renverser sa tête en arrière. Une autre sur son visage, pour lui pincer le nez. Harry se penche, et inspire autant d’air qu’il le peut. Puis il pose ses lèvres sur celles entrouvertes de Malfoy. Doucement, il souffle et guette un mouvement de poitrine qui indiquerait que l’air a atteint les poumons.
Idée parasite numéro un : ses lèvres sont glacées, pourvu qu’elles se réchauffent... Laisse moi réchauffer tes lèvres, Draco.
Harry continue à insuffler un peu de vie au Serpentard ; régulièrement, il relève la tête, séparant à regret ses lèvres de celles de Malfoy, et jette un regard désemparé au visage inconscient. Sous les rayons de la lune, sa peau est translucide, et Harry remarque les minuscules veines bleutées qui sillonnent ses tempes diaphanes. Harry écarte délicatement les mèches humides, caresse sa peau douce et froide, laisse ses doigts suivre le contour de sa mâchoire et descendre vers son torse dénudé, remarquablement dessiné.
Idée parasite numéro deux : réveille toi, mon ange. Tu es si beau, ta peau est si douce.
Les idées qui envahissent Harry le troublent et le laissent indécis. Il reprend avec effroi son bouche à bouche.
J’aime ça. J’aime poser ma bouche contre la sienne. Qu’est ce qui se passe chez moi au juste ?
Inspirer par le nez... expirer par la bouche, lentement, et attendre que son torse se soulève sous sa main. Recommencer deux ou trois fois, puis faire une pause, pour voir s’il se réveille.
Idée parasite numéro trois : c’est la première fois que je peux te toucher comme ça. Ta bouche est si douce, tu dois être si beau quand tu dors...
Harry s’écarte de Malfoy, mais cette fois il prend vraiment peur. Il ne peut quand même pas penser tout ça... ?
Oh si je le pense, soupire Harry intérieurement. Il n’a pas son air hautain, et il ne m’abreuve pas d’injures. C’est juste un très beau mec dont les lèvres appellent les baisers.
« Malfoy », chuchote Harry. « Malfoy, reviens à toi. Enfin, c’est pas un peu d’eau qui va vaincre un Malfoy quand même, ce serait trop humiliant pour toi... »
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Humiliant...
Le mot est lâché.
C’est vrai qu’il y a quelque chose d’humiliant dans cette situation inédite : Malfoy se sent physiquement dominé par... Potter. Potter, le Sauveur de l’Humanité, Potter, qui tient tête régulièrement à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, Potter le Héros, Potter qui l’a traîné hors du lac comme on sauve une damoiselle en détresse...
Ce demeuré de Potter a failli me noyer, oui ! Et maintenant il va s’imaginer m’avoir sauvé. Il n’est pas question que j’ai une dette de sorcier envers Potter ! Il ne m’a pas sauvé, il a manqué me tuer !!
Cela fait plusieurs minutes que Draco est revenu à lui. Potter était en train de le ramener vers le rivage quand il a repris conscience de la situation. Mais sa faiblesse est immense : après sa ballade nocturne sous sa forme Animagus, il aurait du rentrer immédiatement et tomber d’épuisement dans un sommeil sans rêve. Au lieu de cela, il a utilisé ses dernières forces pour se débattre, et cette lutte l’a vidé. Son corps entier semble être de plomb, il n’a plus la force de bouger même un petit doigt.
Et puis surtout, il y a Potter, qui vient de poser ses lèvres sur les siennes pour pratiquer le bouche à bouche. Malfoy sent le souffle chaud qui s’immisce dans sa gorge.
Bon, je ne suis pas Serpentard pour rien. Je peux encore bluffer un crétin de Gryffondor. Quand il commencera à paniquer vraiment en ne me voyant pas me réveiller, il ira chercher du secours à l’école.
J’en profiterai pour me tailler et retourner dans mon dortoir.
Avec un peu de chance, il se fera punir pour être sorti du château en pleine nuit. Ou au moins McGonnagall enlèvera des points à sa Maison. Ou Dumbledore lui jettera un de ses fameux regards « tu m’as tellement déçu »...
Enfin un truc qui le fera se sentir mal. Peut être qu’il finira par arrêter de jouer au héros comme ça. C’est vrai, quoi, c’est agaçant à la fin...
L’une des mains de Harry vient de descendre vers le torse de Draco. Du bout des doigts, il trace un sillon qui descend vers son nombril.
Hééé ! qu’est ce qu’il fait le Potter ?
Malfoy n’en revient pas. Le parcours des doigts de Potter sur sa peau lui rappelle l’infinie sensation de plaisir qu’il ressent dans ses rêves.
Pour un peu je band...
Oulala, non, ce ne serait pas une bonne idée, ça ! Draco n’a pas le temps de se demander en quoi cette idée serait mauvaise : Harry vient de recommencer son travail de réanimation, coupant court aux réflexions du Serpentard.
Cette sensation sur ma peau. Ce sont ses cheveux humides qui viennent caresser mon visage, laissant sur ma peau des gouttes d’eau qui glissent jusque dans mon cou.
C’est là que Potter s’est redressé et a parlé d’humiliation.
Intérieurement, Malfoy enrage. Il faut maintenant qu’il se sorte de cette situation la tête haute.
De toutes façons, qu’est ce qu’il connaît à l’humiliation, lui ? Il faut avoir de la fierté pour se sentir humilié. Et quand on a de la fierté, on ne traîne pas avec un clochard roux et une sang de bourbe...
Ce qui tracasse le plus Draco, en dehors du fait que Harry a arrêté son bouche à bouche pour lui parler, c’est que Potter lui parle avec douceur ; non, il y a pire : il y a une réelle pointe d’inquiétude qui perce dans sa voix.
Comme s’il avait peur pour moi...
Va te faire foutre, Potter. C’est toi qui va payer pour cette humiliation, je te le garantie, foi de Sang Pur !
Potter s’est à nouveau penché sur Draco, et celui-ci se demande vraiment combien de temps il compte le réanimer comme ça.
A croire qu’il aime ça, ce pervers ! Si je m’étais vraiment noyé, je serais mort sans qu’il aille chercher quelqu’un de compétent, cet abruti...
Sauf que Potter ne lui fait plus de bouche à bouche.
Potter l’embrasse.
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Qu’est ce qui me prend de faire ça ? S’il se réveille, je suis mort !
Je suis en train d’embrasser Malfoy. Mais je n’y peux rien, c’est la seule chose que j’ai envie de faire.
La respiration de Malfoy est douce et régulière. Et quelques couleurs sont revenues sur ses joues. La main de Harry, posée sur la poitrine du jeune Serpentard, a senti son cœur battre régulièrement.
Il est évanoui, mais sain et sauf.
Harry est délicat et tendre. Il pince légèrement la lèvre inférieure de Malfoy entre ses propres lèvres, aspirant légèrement pour sentir la chair douce glisser puis lui échapper. Il donne de longues caresses du bout de sa langue.
Tout ce qu’il a pu apprendre de ses baisers précédents avec Cho, il l’utilise pour capturer cette bouche sensuelle qui s’offre à lui.
Malfoy ne m’offre rien. C’est moi qui lui vole ce baiser.
Harry est totalement perdu. Le plaisir qu’il ressent est sans comparaison. Il a l’impression que son cœur va exploser. Une excitation grandissante s’est emparée de lui, et l’une de ses mains vient se perdre dans la chevelure humide du blond, tandis que sa bouche impatiente désire une réponse à ses baisers passionnés.
Comme en réponse à ses attentes, la lèvre inférieure de Malfoy tremble légèrement. Harry se redresse, surpris et inquiet, et croise alors le regard pénétrant de Malfoy. Ses yeux clairs sont deux océans embrumés par la rage.
« Mal...foy... » déglutit difficilement Harry.
Un mouvement vif sur sa gauche. Harry n’a guère le temps de comprendre, qu’un poing serré vient percuter sa mâchoire et le déséquilibre, tandis que ses lunettes sont projetées au loin. Il se retrouve assis par terre, une jambe encore passée au dessus du torse de l’autre garçon.
« Potter, chien galeux de Sang Mêlé !! » Il ne crie pas, comme Harry l’aurait cru. Mais c’est encore pire. Sa voix basse et profonde est emplie de venin. Il crache les mots avec tant de mépris que l’excitation de Harry se transforme en une honte profonde.
« Ca ne te suffisait pas d’essayer de me noyer ? Maintenant, tu m’empoisonnes avec ta bave ? »
Harry voudrait répondre avec autant de sang froid, mais tout son courage semble avoir quitté son corps pour se réfugier dans ses chaussettes. Le poing de Malfoy lui a fendu la lèvre, et le goût du sang dans sa bouche lui donne envie de vomir... à moins que ce ne soit la conscience de son comportement répugnant qui lui donne la nausée...
La douleur qui l’élance l’empêche d’articuler.
« ‘Eu ‘ai sauwé ya ‘ie ! »
Malfoy éclate d’un rire sinistre.
« Sauvé ? Quel sortilège as-tu utilisé pour me... capturer et me maintenir sous l’eau ? Je devrais te dénoncer », siffla t-il d’une voix haineuse, « mais j’aurais bien trop honte que l’on sache que tu m’as...sali ».
Malfoy se lève en bousculant Harry. Il tangue un peu en se mettant debout, comme si la faiblesse allait avoir raison de lui. Puis il baisse son regard vers Harry, qui n’a pas bougé.
« Si tu parles à quiconque de ce que tu m’as fait... Potter... Si tu te permets un seul sous entendu, je ferai de ta vie un enfer ». La voix de Malfoy s’est éteinte dans un souffle. Il s’éloigne sans attendre de réponse, laissant Harry désemparé et le cœur lourd.
« Ma vie est déjà un enfer, Malfoy », murmure Harry quand le Serpentard est trop loin pour l’entendre.
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Etes vous satisfaits ? Trois chapitres, et il y a déjà eu un bisou et un coup de poing : si ça c’est pas de l’action !! Ciao !!